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Jean-Pierre Chabrol
  "Les Chabroliens" - Association des enfants et amis de Jean-Pierre Chabrol


Clerguemort ou la version romanesque de Pont-de-Rastel.
(Robert Caracchioli, 24 août 1995)


L'écriture possède une vertu presque magique, celle de faire parler les paysages, celle de ressusciter des fantômes sur les lieux mêmes où ils ont vécu, celle de peupler les lieux les plus modestes de tous les souvenirs, de tout le talent, de tous les mythes de l'écrivain.
Idéalement situé au pied du Bougès et du Lozère, avec sa filature abandonnée, avec son vieux moulin, avec son temple, à quelques kilomètres seulement des mines fermées de la Vernarède et de la Jasse, le hameau de Pont-de-Rastel peut revendiquer à bon droit le privilège de symboliser à lui seul l'histoire - et l'âme - de la vieille Cévenne.
Il est aussi le " village " de Jean-Pierre Chabrol et il occupe à ce titre une place importante dans son œuvre. On l'y rencontre un peu partout, des Fous de Dieu (1961) au Bonheur du Manchot (1993), mais c'est sans aucun doute la série des " Rebelles " (Les Rebelles, 1965, La Gueuse, 1966, L'Embellie, 1968) qui l'immortalise sous le nom romanesque de Clerguemort.



Pourquoi " Clerguemort " ?

Parce qu'un lieu romanesque n'est jamais la réplique photographique d'un lieu réel, il convient presque toujours de le rebaptiser pour permettre à l'imagination du lecteur de courir à sa guise. L'écrivain peut ainsi recomposer librement son petit théâtre et l'ajuster à ses rêves, à ses souvenirs, à ses regrets...
Pourtant Chabrol n'est pas allé chercher bien loin le nom de Clerguemort. Le lieu-dit existe à quelques kilomètres de là, sur la route des crêtes qui conduit de la Tavernole au Pont-de-Monvert : un hameau de quelques maisons, qui surplombe la Vallée Longue, en plein pays camisard. Le nom lui-même présente une forte résonance camisarde . En plaquant ce nom superbe sur le village de son enfance, Chabrol semble avoir voulu, consciemment ou inconsciemment, rassembler dans un lieu unique les thèmes et les mythes qui lui sont les plus chers : l'hérédité huguenote d'une part, magnifiée par la tradition orale et par ses légendes, la vie quotidienne, les espoirs et les luttes du " petit peuple " d'autre part.
Le même traitement romanesque est appliqué à Chamborigaud, baptisé Le Chambon, du nom d'un village bien réel, situé lui aussi à quelques kilomètres, en direction de Bessèges...
La Vernarède et La Jasse se fondent en une cité romanesque unique, La Vernasse.
Chabrol s'amuse à désorienter son lecteur tout en lui fournissant bien vite de nombreux indices pour se retrouver...
Le récit se situe au début des années trente (entre 1933 et 1936). Il présente un fort caractère autobiographique puisque la présence de l'écrivain s'y manifeste à travers deux personnages : le petit Jean Hur, version romanesque de Chabrol enfant, et l'écrivain Cherchemidi, personnage plus complexe, fusion relativement homogène de Chabrol adulte, d'Aragon, de Joseph Kessel et d'André Chamson.

 

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